Analyse des cheveux, addictions et soumission chimique

L’analyse des cheveux occupe une place particulière dans l’exploration des addictions et de la soumission chimique car elle permet un diagnostic rétrospectif des expositions aux substances psychoactives. En effet, contrairement aux analyses réalisées dans les fluides biologiques tels que le sang, l’urine et la salive, qui ne documentent qu’une exposition récente, de quelques heures à quelques jours, le cheveu permet, en fonction de sa longueur, d’élargir la fenêtre de détection à plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Lorsque l’analyse segmentaire est possible, elle permet d’établir un calendrier rétrospectif de consommation et de terminer le caractère ponctuel, occasionnel ou régulier de l’exposition. Chez les patients présentant une addiction, elle permet d’évaluer des trajectoires de consommation, l’observance des traitements et la détection d’éventuelles rechutes. Elle présente également des indications dans l’évaluation de l’exposition prénatale et pédiatrique. En matière de soumission chimique, son intérêt est surtout différé, en particulier lorsque les prélèvements sanguin et urinaire n’ont pu être réalisés ou lorsqu’ils ont été effectués trop tardivement. Néanmoins, l’interprétation d’une analyse capillaire est complexe et doit tenir compte des propriétés physicochimiques de la ou des molécule(s) concernée(s), de la couleur du cheveu, d’éventuels traitements cosmétiques, de la croissance capillaire et du risque de contamination externe. Ainsi, même si l’analyse des cheveux est un excellent outil biologique, elle doit toujours être intégrée à une approche clinique ou médico-légale globale.

A.-L. Pélissier-Alicot, service de médecine légale, CHU Timone Adultes

Réponses exactes : B, E

 

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