À quels types de patients proposer un traitement par Buprénorphine à libération prolongée ?

ADDICTO'Quizz Atelier 2

La buprénorphine à libération prolongée est une nouvelle forme de buprénorphine après la suboxone et l’orobupre. Quelle est sa place dans la stratégie thérapeutique ? Quelle est l’image des traitements à libération prolongée ? Est-ce une liberté ou contrainte ? Qu’en est-il de l’acceptabilité ?

La buprénorphine à libération prolongée propose un modèle innovant dans le traitement de la dépendance aux opioïdes, de par son mécanisme d’action sous forme d’injection sous cutanée, son mode d’utilisation avec des injections mensuelles ou hebdomadaires et des dosages flexibles de 8 à 160 mg en mensuel.

En psychiatrie, les neuroleptiques d’action prolongée sont utilisés depuis de nombreuses années. En infectiologie, un traitement d’action prolongé est aussi sur le marché. Le traitement antirétroviral injectable retard par Cabotegravir et Rilpivirine (CAB+RIP) tous les deux mois a été développé ces dernières années dans le but d’améliorer la qualité de vie des patients infectés par le VIH.

A partir de notre expérience et de différents cas cliniques, nous allons apporter un éclairage sur l’utilisation de la buprénorphine d’action prolongée.

Pour les autorités sanitaires, la place de ce traitement se situe préférentiellement pour des patients présentant un mésusage de la buprénorphine, permettant de diminuer l’utilisation détournée du produit, limitant le trafic et limitant les complications sanitaires, conséquence des injections.

Notre expérience nous a montré qu’il pouvait y avoir un intérêt dans différents types de problématiques.

Pour des usagers présentant un mésusage mais également pour des patients en réhabilitation où il y aurait une amélioration de la qualité de vie.

 

Au printemps 2022, la buprénorphine à libération prolongée a été mise à disposition à l’APHM. Depuis 25 patients ont été traités dans le service. En 2022, sept patients ont été inclus, huit en 2023 et dix en 2024.

En ce qui concerne la typologie des patients on a retrouvé : un âge moyen de 48 ans, 61,2 % d’homme et 38,8 % de femme. La durée moyenne du traitement était de 10,88 mois. 14 patients ont poursuivi le traitement plus de 6 mois, 9 n’ont pas poursuivi au-delà de 3 mois et 6 ont arrêté dès le premier mois.

 

Cette série de cas, portant sur les 25 premiers patients traités par Buvidal® dans le service universitaire d’addictologie de Marseille révèle un profil de patients hétérogène, que ce soit en termes de caractéristiques sociales ou cliniques.

Un peu moins de la moitié est en phase de rétablissement.

Par ailleurs, la buprénorphine à libération prolongée est généralement bien toléré et largement accepté, ceux qui l’arrêtent le font le plus souvent dans les trois premiers mois.

Les motifs d’arrêt les plus fréquents sont l’inefficacité rapportée et la douleur à l’injection.

Notre expérience nous a montré qu’il pouvait convenir à des patients, présentant un trouble de l’usage des opioïdes non compliants et nécessitants une supervision rapprochée, mais aussi à des patients stabilisés.

Au total ce traitement reste de la buprénorphine avec les mêmes indications et effets secondaires, assez simple d’utilisation il peut s’utiliser à différents moments de la prise en charge.

Dr Isabelle Jaquet – Psychiatre-Addictologue – Marseille

Réponses ADDICTO’Quizz : a-b-c-e

Retour en haut