Le terme chemsex , chemical sex, apparait dans les années 2005 en Angleterre. Ce terme communautaire décrit des pratiques d’usage de produits psychoactifs, principalement stimulants, dans un contexte sexuel d’hommes qui font du sexe avec des hommes ( HSH) en vue d’augmenter le plaisir. L’intentionnalité de l’usage pour avoir du sexe, la place d’internet pour les applications de géolocalisation et l’achat de produits comme le GHB ou les cathinones, le multipartenariat, la culture gay, l’homophobie et la place du VIH sont autant de facteurs spécifiques du chemsex. Il s’inscrit aussi dans un moment social compliqué d’opposition au mariage pour tous, d’accès aux traitements rendant indétectable la charge virale du VIH. La pratique prend de l’ampleur dans les grandes villes et les premières demandes d’aide aux associations communautaires ou centres de soin arrivent vers 2010.
Si au début ce sont des hommes qui avaient pour la plupart au-dessus de quarante ans, étaient de catégorie socio professionnelles élevées, consommaient pour la première fois dans ce contexte en injection intra veineuse et étaient séropositifs leur profil a beaucoup évolué en 20 ans.
Nous allons décrire ces pratiques et voir quelles sont ces évolutions : les modes d’usage, les produits utilisés, l’âge des chemsexeurs, leur origine sociale et les déterminants psycho-sociaux qui concourent au risque d’addiction liée à ces pratiques.
Dr Muriel Grégoire
Psychiatre-Addictologue
(Aix-en-Provence)
Réponses ADDICTO’Quizz : b – c- e

